Cet automne je quitte pour quelques jours ma terre nantaise. Je pars pour une île — l’Île d’Yeu.
Brigitte, ma belle-mère, m’a ouvert les portes de sa maison. On y entre par un portail vert qui s’ouvre sur un jardin de verdure et de fleurs. Un lieu calme, où je pourrai simplement recevoir.
Je serai là-bas, proche de la mer — dans un rythme qui n’est pas celui de Nantes, qui n’est peut-être le rythme de rien de connu, juste celui d’une île en automne, avec son vent, sa lumière basse, ses journées qui se referment plus tôt.
Je proposerai des séances d’écoute par le toucher. Shiatsu. Massage à l’huile. Kobido. Chi Nei Tsang. Des mots qui disent des gestes précis, mais qui tous, au fond, parlent de la même chose : une main qui se pose, et qui attend d’apprendre ce qu’elle touche avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Un corps porte des choses qu’il ne dit jamais avec des mots. Il les porte dans une épaule qui ne redescend plus, dans un souffle qui reste trop haut, dans une nuque qui a oublié qu’elle pouvait tourner sans effort. Ce que je propose, ce n’est pas de réparer cela vite. C’est d’offrir à ce corps un peu d’espace — le temps d’une séance, le temps que quelque chose en lui accepte de ralentir assez pour se laisser sentir.